Accessibilité et handicap en formation
Ce que le référentiel exige réellement, ce que la loi impose aux locaux, ce qui change pour la personne, et les réseaux gratuits qui font le travail avec vous.
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Ce que le référentiel exige vraiment
L’indicateur 26 tient en une phrase : « Le prestataire mobilise les expertises, outils et réseaux nécessaires pour accueillir, accompagner/former ou orienter les publics en situation de handicap. » Il est rattaché au critère 6, celui de l’inscription du prestataire dans son environnement professionnel, plutôt qu’au critère 4 des moyens : ce qu’on vous demande, c’est une capacité de mobilisation, pas un plateau technique. Trois verbes, et le troisième compte autant que les deux autres : orienter est une réponse conforme quand vous ne pouvez pas adapter, à condition qu’elle soit argumentée, tracée, et qu’elle mène quelque part.
Le guide de lecture précise ce que l’auditeur regarde : la liste des partenaires du territoire susceptibles de vous aider à prendre en compte les personnes en situation de handicap (dont les partenaires spécialisés intervenant pour le compte de l’Agefiph et du Fiphfp, les Cap emploi et les maisons départementales des personnes handicapées), la participation aux instances et manifestations de ces partenaires, les comptes rendus de rencontres, les invitations à des réunions, les prises de contact, les compétences et connaissances actualisées du référent handicap, une charte d’engagement pour l’accessibilité et le recours à l’offre de services Ressource Handicap Formation. Pour un organisme nouvellement entrant, l’obligation spécifique est explicite : démontrer la mise en place d’un réseau de partenaires, d’experts, d’acteurs du champ du handicap. Autrement dit, l’obstacle est de ne connaître personne : n’avoir jamais accueilli de personne en situation de handicap n’en est pas un.
La sanction n’a pas d’équivalent ailleurs dans le référentiel : sur cet indicateur, le non-respect « même partiel » entraîne une non-conformité majeure. Il n’existe pas de demi-écart. C’est la raison pour laquelle un dossier par ailleurs solide se fait refuser sur une case laissée vide : la procédure jamais écrite, la liste de partenaires jamais constituée, le référent jamais nommé.
Cette exigence ne disparaît pas avec la prochaine version du référentiel : le décret du 1er août 2026, applicable au 1er novembre 2026, reconduit l’indicateur 26 dans les mêmes termes au sein du critère 6. Et l’indicateur 26 n’est pas seul. L’indicateur 10 (adapter la prestation, l’accompagnement et le suivi aux publics bénéficiaires) attend, pour ces publics, une liste de structures et de personnes ressources réactualisée régulièrement, les modalités d’aménagement de la prestation et, le cas échéant, les plans individuels de compensation. L’indicateur 17 (les moyens humains, techniques et l’environnement) cite parmi ses preuves le bail ou le contrat de location et le registre public d’accessibilité du lieu. L’accessibilité irrigue par ailleurs l’information diffusée au public, l’analyse du besoin, les conditions de déroulement remises au bénéficiaire, la sensibilisation des équipes et la veille réglementaire.
| Ce que l’indicateur 26 demande | Ce qu’il ne demande pas |
|---|---|
| Un réseau de partenaires identifiés, à jour et joignables | D’être vous-même expert du handicap |
| Une personne désignée, nommée par écrit, dont le contact est publié | Un poste à temps plein, ni un recrutement |
| Des modalités d’adaptation écrites, appliquées au cas par cas | Un catalogue déjà adapté à toutes les situations |
| La trace des contacts, des rencontres et des orientations | D’avoir déjà accueilli une personne en situation de handicap |
| Une orientation argumentée quand l’adaptation n’est pas possible | De former coûte que coûte, au détriment de la personne |
| De connaître le degré d’accessibilité réel de vos lieux | Des locaux conformes à toutes les situations de handicap |
Le référent handicap : qui, comment, et à quel coût réel
Le référent handicap est la personne à qui l’on s’adresse quand un besoin d’adaptation apparaît. Pour les centres de formation d’apprentis, sa désignation est une obligation légale, rappelée par le guide de lecture au titre des missions des CFA, et un indicateur dédié la vérifie avec le procès-verbal de nomination à l’appui. Pour les autres prestataires, aucun article ne crée le poste. Le guide attend cependant, comme élément de preuve de l’indicateur 26, les « compétences et connaissances actualisées du référent handicap », et la liste des référents pédagogiques, administratifs et handicap figure parmi les preuves relatives à la coordination des intervenants. En pratique, un organisme sans référent identifié se présente désarmé.
La désignation est un acte écrit, daté et signé, pas une ligne dans un organigramme. Une note d’une page suffit : le nom, la fonction d’origine, la mission confiée, la date, la signature du dirigeant. Le contact est ensuite repris partout où le public vous lit : une adresse électronique dédiée vaut mieux qu’un numéro personnel. Dans une structure de quelques personnes, c’est le dirigeant qui tient le rôle, et le guide de lecture l’admet noir sur blanc en précisant qu’un prestataire indépendant peut assurer seul les différentes fonctions. Le référent handicap d’un formateur indépendant, c’est le formateur indépendant.
Tenir ce rôle sans y passer ses journées suppose d’accepter une chose : votre travail consiste à savoir à qui passer la main, et vite. L’essentiel de la charge est en amont (écrire la procédure, constituer la liste de partenaires, se former une fois) et se rejoue ensuite en quelques minutes par dossier. Pour la formation du référent lui-même, l’Agefiph met à disposition des acteurs de la formation des ressources pédagogiques, une plateforme d’apprentissage en ligne dédiée au handicap dans le contexte formation et emploi, un outil de sensibilisation, et surtout un conseiller Ressource Handicap Formation en région dont l’accompagnement est gratuit.
- Recevoir le signalement d’un besoin, et décider **avec** la personne de ce qui sera mis en place.
- Tenir à jour la liste des partenaires mobilisables, et garder la trace datée des échanges.
- Vérifier que l’information diffusée au public mentionne l’accessibilité et son propre contact.
- Sensibiliser les intervenants à l’accueil de ces publics, un élément de preuve attendu sur la qualification des personnels.
- Consigner, session par session, ce qui a été demandé, ce qui a été fait, ce qui a été refusé et pourquoi.
- Suivre la veille réglementaire en matière de handicap, explicitement citée parmi les preuves de veille.
L’accessibilité des locaux, et le cas de la salle louée
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées fonde l’obligation d’accessibilité des établissements recevant du public. Elle porte sur l’ensemble de la chaîne de déplacement : cheminements extérieurs, stationnement des véhicules, accès et accueil dans les bâtiments, puis circulations et prestations à l’intérieur. Les règles diffèrent selon que l’établissement est neuf ou existant. Pour l’existant, des dérogations sont possibles (impossibilité technique, contraintes liées à la préservation du patrimoine, disproportion manifeste entre les améliorations apportées et leurs conséquences, refus de l’assemblée générale de copropriété), mais elles s’accompagnent de mesures de substitution permettant l’accès aux prestations dans les parties accessibles.
Deux pièces matérialisent cette conformité. L’attestation d’accessibilité, établie par un professionnel agréé (bureau de contrôle ou architecte) pour les établissements des quatre premières catégories, et que l’exploitant complète lui-même pour la cinquième : c’est le cas de la grande majorité des salles de formation. Et le registre public d’accessibilité, obligatoire pour tous les propriétaires ou exploitants d’établissement recevant du public depuis le 22 octobre 2017. Ce registre se borne à rassembler ce qui existe déjà (description des prestations, documents administratifs comme les attestations et arrêtés de dérogation, modalités de maintenance des équipements d’accessibilité tels qu’ascenseurs et rampes) et à le mettre à disposition du public au principal point d’accueil. Sa fiche de synthèse est prévue en facile à lire et à comprendre, pour être lisible aussi par une personne en situation de handicap mental ou de déficience intellectuelle. L’agenda d’accessibilité programmée est, lui, le cadre par lequel un établissement non conforme s’engage sur un calendrier de travaux ; les pièces qui en résultent ont vocation à figurer dans ce même registre.
Si vous louez vos salles (hôtel, espace de coworking, salle municipale, locaux du client), l’obligation d’accessibilité pèse sur le propriétaire ou l’exploitant du lieu, pas sur vous. Votre travail est double : réclamer les pièces, et vérifier ce que les pièces ne disent pas. Demandez au bailleur, par écrit, l’accès à son registre public d’accessibilité, l’attestation d’accessibilité de l’établissement et, le cas échéant, l’arrêté de dérogation avec les mesures de substitution prévues. Conservez ces échanges : avec le bail, ils constituent exactement ce que l’indicateur 17 cite en preuve. Puis allez sur place avant la session : un registre décrit un bâtiment plutôt que le déroulement d’une journée de formation, tables installées et flux de stagiaires compris.
- Le cheminement depuis l’arrêt de transport et la place de stationnement réservée, pas seulement la porte d’entrée.
- La largeur réelle des passages une fois les tables installées : celle du plan n’engage personne.
- Des sanitaires accessibles ouverts le jour J, et non transformés en réserve.
- L’éclairage, les contrastes au sol, le repérage des portes vitrées.
- L’acoustique de la salle : réverbération et bruit de fond décident du confort d’une personne appareillée.
- L’ascenseur et son état de maintenance quand la salle n’est pas de plain-pied.
- Ce que le bailleur prévoit pour l’évacuation d’une personne qui ne peut pas emprunter l’escalier.
Adapter la formation, situation par situation
L’adaptation part d’une gêne précise. Deux personnes portant le même diagnostic n’ont pas les mêmes besoins, et une même personne n’a pas les mêmes besoins en mars et en octobre. La question utile n’est donc jamais « quel est votre handicap ? » mais « qu’est-ce qui, dans le déroulé que je vous décris, va vous gêner ? ». C’est aussi ce que le référentiel attend : l’analyse du besoin doit démontrer, lorsque le prestataire accueille ce public, qu’il prend en compte les situations de handicap et les besoins en compensation (pédagogiques, matériels, techniques, humains).
Les compensations se rangent en trois familles, et il est rare qu’une seule suffise. Les compensations techniques mobilisent logiciels et équipements adaptés, matériel de confort, aides à la lecture. Les compensations organisationnelles jouent sur les horaires, le rythme, l’étalement du parcours, les pauses. Les compensations humaines, enfin, couvrent l’interprétariat en langue des signes française, la transcription écrite en direct, l’assistance spécialisée, le secrétaire d’épreuve. La bonne pratique consiste à décider ces aménagements avant l’entrée en formation, à les écrire, et à vérifier en cours de parcours qu’ils tiennent : beaucoup d’adaptations paraissent suffisantes sur le papier et se révèlent inopérantes dès la deuxième journée.
Les évaluations méritent une attention particulière parce que c’est là que l’équité se joue. Les aménagements usuels sont le lieu accessible, la majoration du temps (le tiers-temps est la référence habituelle), l’assistance humaine, l’autorisation du matériel personnel et l’étalement des épreuves sur plusieurs sessions. Aucun de ces aménagements ne modifie l’objectif évalué : on change les conditions de passage, pas le niveau exigé. Confondre les deux dessert la personne, qui repart avec une attestation que personne ne reconnaîtra, et l’organisme, qui ne peut plus démontrer l’atteinte des objectifs.
Les supports, enfin, se travaillent une fois pour toutes plutôt qu’en urgence : corps de texte suffisant, contraste réel entre le texte et le fond, aucune information portée par la seule couleur, structure par titres, énoncés courts et numérotés, et diffusion en amont de la séance dans un format que la personne peut agrandir, reformater ou faire lire par une synthèse vocale. Un support bien construit ne sert pas qu’aux personnes en situation de handicap : il fait baisser la charge cognitive de tout le groupe.
| Situation | Ce qui gêne, concrètement | Adaptations à envisager |
|---|---|---|
| Troubles dys (dyslexie, dysorthographie, dyspraxie…) | La lecture longue, la prise de notes simultanée, les consignes enchaînées à l’oral | Supports envoyés avant la séance, consignes écrites courtes et numérotées, énoncés oralisés, temps majoré, tolérance orthographique à l’écrit |
| Trouble du spectre de l’autisme | L’imprévu, l’implicite des consignes, le bruit et la lumière du collectif | Déroulé communiqué à l’avance, consignes explicites et littérales, place fixe, pauses prévues, possibilité de s’isoler, un interlocuteur unique identifié |
| Troubles psychiques | La durée continue, l’exposition au groupe, la variabilité d’un jour à l’autre | Parcours étalé, séquences plus courtes, absences ponctuelles anticipées sans dramatisation, contact discret avec le référent, modalité de reprise prévue |
| Déficience auditive | La parole prononcée de dos, les échanges qui se croisent, la réverbération de la salle | Interprétariat en langue des signes ou transcription écrite, formateur face au groupe, un seul locuteur à la fois, supports écrits, vidéos sous-titrées |
| Déficience visuelle | Le tableau, les documents papier, les schémas projetés et non décrits | Documents numériques structurés, agrandissement, description orale de ce qui est projeté, compatibilité avec un lecteur d’écran, place choisie |
| Maladies chroniques et douleurs | La station assise prolongée, la fatigue, les rendez-vous de soins | Pauses plus fréquentes, horaires ajustés, séquences manquées rattrapables, matériel de confort, aménagement du poste de travail en salle |
| Handicap moteur | L’accès et les déplacements dans la salle, la manipulation, l’écriture | Table à hauteur adaptée, circulations dégagées, prise de notes alternative, secrétaire d’épreuve, sanitaires accessibles vérifiés le jour même |
Le numérique et la formation à distance
La référence française en matière d’accessibilité numérique est le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité, le RGAA, dont la version 4.1.2 est en vigueur depuis avril 2023 (une version 5 est annoncée pour la fin 2026). Il décline en critères vérifiables les standards internationaux et la norme européenne applicable aux produits et services numériques, et il a été adopté sur le fondement de l’article 47 de la loi du 11 février 2005.
L’obligation légale qu’il porte a un champ précis : personnes morales de droit public, personnes privées chargées d’une mission de service public ou créées pour satisfaire un besoin d’intérêt général autre qu’industriel et commercial lorsqu’elles sont majoritairement financées ou contrôlées par ces organismes, et entreprises dont le chiffre d’affaires réalisé en France dépasse 250 millions d’euros en moyenne sur les trois derniers exercices. Un organisme de formation de taille courante n’y est donc pas soumis, et il est inutile de publier une déclaration d’accessibilité que personne ne vous demande. Ce qui est audité, en revanche, ce sont vos supports et vos modalités à distance, au titre de l’adaptation de la prestation : le RGAA reste alors la seule grille technique sérieuse à laquelle se référer.
Le piège le plus banal est le PDF issu d’un scan : une image de texte, où rien n’est sélectionnable, où aucune synthèse vocale ne peut lire le contenu, et où aucun agrandissement ne se fait sans perte de netteté. Cela exclut d’un coup les personnes déficientes visuelles, une partie des personnes dys qui utilisent une lecture assistée, et toute personne qui travaille sur un petit écran. Exportez depuis le fichier source, ou fournissez le fichier source.
À distance, quelques exigences suffisent à changer la donne : sous-titrer les vidéos, ou à défaut en fournir la transcription ; laisser l’enregistrement et les supports disponibles après la séance, parce qu’une personne fatigable ne suit pas trois heures d’affilée au même rythme que les autres ; vérifier que la plateforme se navigue au clavier ; ne pas pénaliser celui qui coupe sa caméra ; et, lorsqu’un interprète en langue des signes intervient, prévoir le décalage qu’impose la traduction dans l’animation des échanges.
Poser la question, au bon moment et de la bonne façon
Le moment juste est le positionnement, à l’entrée en formation, par écrit et individuellement, jamais lors d’un tour de table le premier matin, où la personne doit choisir entre se taire et se déclarer devant douze inconnus. La plupart choisissent de se taire, et l’organisme découvre le besoin le troisième jour, quand il est trop tard pour commander quoi que ce soit. Poser la question tôt et par écrit est aussi ce que le référentiel attend : la prise en compte des situations de handicap et des besoins en compensation se démontre au stade de l’analyse du besoin.
La formulation compte autant que le moment. « Êtes-vous en situation de handicap ? » appelle une étiquette, souvent refusée, et n’apporte aucune information exploitable. Mieux vaut demander ce dont la personne a besoin pour suivre la formation dans de bonnes conditions : une question ouverte, une mention indiquant qu’un échange confidentiel est possible, et à côté le nom et le contact du référent handicap. Une personne qui ne se reconnaît pas dans le mot « handicap » (c’est le cas de beaucoup de troubles dys, de maladies chroniques ou de troubles psychiques) répondra volontiers à la seconde question et jamais à la première.
La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé est une décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, au sein de la maison départementale des personnes handicapées. Elle n’est obligatoire ni pour travailler ni pour suivre une formation, et sa déclaration relève d’un choix personnel. Vous n’avez donc pas à l’exiger, pas à en demander une copie, pas à la conserver : l’adaptation se décide sur le besoin exprimé. Ce que la reconnaissance conditionne, ce sont certains financements et certains dispositifs. Ce n’est pas la même chose, et confondre les deux conduit à refuser une adaptation à quelqu’un qui y a droit.
Enfin, l’information reçue reste confidentielle et circule au minimum nécessaire. Un formateur a besoin de savoir qu’il doit envoyer ses supports la veille et parler face au groupe ; il n’a pas besoin de connaître le diagnostic. Une information de santé est une donnée sensible : elle ne s’écrit pas dans un fichier partagé, ne se commente pas devant le groupe, et ne survit pas à l’action de formation au-delà de ce qui est utile. Reposez enfin la question en cours de parcours : un besoin apparaît, un traitement change, un accident arrive.
Les réseaux : qui fait quoi, et lequel appeler
Les acteurs ne manquent pas ; la difficulté est de comprendre que chacun a un métier distinct. Un organisme de formation se trompe généralement de porte : il écrit à la maison départementale des personnes handicapées, qui instruit des droits individuels et n’a rien à lui dire, alors que son interlocuteur naturel est le conseiller Ressource Handicap Formation de sa région, dont le métier est précisément d’aider un organisme à penser et organiser son accessibilité.
La Ressource Handicap Formation est une offre de service de l’Agefiph, déployée en région et entièrement gratuite. Elle intervient sur deux plans : accompagner l’organisme dans la conception de son accessibilité (organisationnelle, technique, physique, pédagogique) et conseiller le référent handicap sur un parcours précis à adapter. C’est le référent handicap qui saisit le conseiller de sa région. Commencer par là fait gagner des mois, et laisse une trace : la prise de contact et le recours à cette offre figurent parmi les éléments de preuve cités par le guide de lecture.
Ensuite, la répartition suit le statut de la personne et la nature du besoin. L’Agefiph gère le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées dans le secteur privé ; le Fiphfp remplit la même fonction pour les trois versants de la fonction publique : État, territoriale, hospitalière. Les Cap emploi sont les structures d’accompagnement vers et dans l’emploi spécialisées sur le handicap, et elles conseillent également les employeurs. Les maisons départementales des personnes handicapées instruisent les demandes de droits, que la commission des droits et de l’autonomie décide. Les associations spécialisées, enfin, apportent l’expertise fine par type de situation, que personne d’autre n’a.
| Interlocuteur | Ce qu’il fait | Quand l’appeler |
|---|---|---|
| Ressource Handicap Formation | Service gratuit animé par l’Agefiph en région : aide l’organisme à organiser son accessibilité, conseille le référent handicap sur un parcours à adapter | En premier, avant même d’écrire votre procédure |
| Agefiph | Gère le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées dans le secteur privé : aides et services, dont une aide à l’adaptation des situations de formation destinée aux organismes | Quand l’adaptation représente un coût |
| Fiphfp | Même rôle pour la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière : catalogue d’interventions couvrant l’aménagement, la formation et l’accessibilité numérique | Quand la personne formée est agent public |
| Cap emploi | Structures d’accompagnement vers et dans l’emploi spécialisées sur le handicap ; conseillent aussi les employeurs | Quand la formation s’inscrit dans un parcours vers ou dans l’emploi |
| Maison départementale des personnes handicapées | Instruit les demandes de droits ; la commission des droits et de l’autonomie décide, notamment de la reconnaissance de travailleur handicapé | Jamais de votre initiative : c’est la personne qui la saisit |
| Associations spécialisées | Expertise par type de situation (langue des signes, troubles dys, troubles psychiques), sensibilisation, mise en relation avec des professionnels | Pour une situation précise que personne autour de vous ne connaît |
| Mon Parcours Handicap | Site public d’information édité par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie et la Caisse des Dépôts : ce que la personne peut demander, et à qui | À transmettre au bénéficiaire, plutôt qu’à lire à sa place |
Financer l’adaptation
Une adaptation a rarement un coût nul, et ce coût ne se finance pas au même endroit selon qui est la personne et qui paie la formation. Trois portes existent, et il faut les frapper dans le bon ordre. Pour le secteur privé, l’Agefiph propose aux organismes de formation et aux centres de formation d’apprentis une aide à l’adaptation des situations de formation, dont l’objet est exactement celui-là ; d’autres aides s’adressent à la personne ou à son employeur : déplacements, aides techniques, aménagement de poste. Pour la fonction publique, le Fiphfp intervient selon la même logique sur l’aménagement, la formation, l’accessibilité numérique et le maintien dans l’emploi.
La troisième porte est le financeur de la formation lui-même (opérateur de compétences, France Travail, employeur, collectivité). Le surcoût d’adaptation se discute au moment du devis et de la convention : présenté en amont, il s’instruit comme une ligne de la prestation ; présenté après, il devient une réclamation. Le conseiller Ressource Handicap Formation sait dire quelle porte frapper pour une situation donnée, et c’est une bonne raison de l’appeler tôt.
Une limite mérite d’être connue avant de monter un dossier : une aide compense un surcoût ponctuel, lié à une situation individuelle. Rendre vos supports lisibles, structurer vos documents, choisir une salle accessible relève de votre offre courante, à financer comme le reste de votre activité. Aucun barème n’est repris ici parce que les montants, plafonds et conditions évoluent d’un exercice à l’autre : les conditions en vigueur se lisent sur le site du financeur, ou se demandent au conseiller.
Ce qu’il faut pouvoir montrer à l’auditeur
Le guide de lecture pose deux règles qui gouvernent toute cette section. La première : les exemples de preuves ne sont pas exhaustifs, et la conformité repose sur l’appréciation de l’auditeur quant à la mise en œuvre réelle des exigences, bien plus que sur la seule présence des documents listés. La seconde : c’est au prestataire qu’il revient de démontrer qu’il respecte l’indicateur. Une procédure écrite et jamais appliquée reste donc un écart. À l’inverse, une adaptation réalisée mais jamais consignée n’existe pas pour l’audit.
Si vous n’avez jamais accueilli de personne en situation de handicap, ne construisez pas un historique de complaisance. Le guide prévoit précisément ce cas pour les nouveaux entrants : ce qui se démontre alors, c’est la mise en place d’un réseau de partenaires, d’experts et d’acteurs du champ du handicap, une capacité qui se prouve indépendamment de tout historique.
- La désignation écrite du référent handicap : nom, contact, date, signature.
- Une procédure d’accueil et d’adaptation d’une page : qui reçoit la demande, sous quel délai, ce que vous savez adapter, à quel moment vous orientez.
- La liste des partenaires du territoire, datée et réactualisée : l’actualisation régulière est explicitement attendue.
- La trace des contacts : courriels, comptes rendus de rencontres, invitations, participations, recours à la Ressource Handicap Formation.
- Des exemples réels d’adaptations réalisées, même une seule, même modeste : demande, réponse apportée, effet constaté.
- La trace des orientations lorsque vous n’avez pas pu accueillir : vers qui, avec quelle suite.
- La mention de l’accessibilité et le contact du référent dans l’information diffusée au public, le livret d’accueil et le règlement intérieur.
- Le bail ou le contrat de location, et le registre public d’accessibilité du lieu où se déroule la formation.
- La sensibilisation des intervenants à l’accueil de ces publics : date, contenu, participants.
- La veille réglementaire en matière de handicap, et ce que vous en avez tiré.
Par où commencer quand on est seul
Les cinq premiers gestes tiennent en une demi-journée et suffisent à couvrir l’essentiel de l’exigence. L’ordre n’est pas indifférent : la désignation vient avant tout, parce que rien ne se rattache à personne, et l’appel à la Ressource Handicap Formation vient tout de suite après, parce qu’il transforme un travail solitaire en accompagnement gratuit.
Ne cherchez pas l’exhaustivité au premier tour. Une procédure d’une page qui décrit ce que vous faites réellement vaut mieux qu’un manuel de vingt pages recopié ailleurs, que vous n’appliquerez pas et qu’un auditeur repérera en trois questions. Elle se réécrit après le premier cas réel, et c’est cette version-là qui est bonne.
- Écrire la désignation du référent handicap, datée et signée, même si c’est vous.
- Appeler le conseiller Ressource Handicap Formation de votre région : c’est gratuit, et l’échange laisse une trace.
- Réclamer à chaque bailleur son registre public d’accessibilité, puis consigner le degré d’accessibilité réel de chaque lieu où vous intervenez.
- Ajouter au questionnaire d’entrée une question ouverte sur les besoins d’adaptation, avec à côté le nom et le contact du référent.
- Inscrire la mention d’accessibilité et ce contact dans les documents remis au public, une fois pour toutes.
- Rédiger la procédure d’une page (réception, délai de réponse, adaptations possibles, orientation) et la relire après le premier cas réel.
Indicateurs du référentiel concernés
Questions fréquentes
Tous les indicateurs sont-ils couverts ?
Tous les indicateurs du Référentiel National Qualité sont suivis dans l’application, mais tous ne s’appliquent pas à tous les organismes : leur applicabilité dépend de votre profil d’activité (actions certifiantes, AFEST ou alternance, sous-traitance). Qualiomatic ne vous demande de traiter que les indicateurs qui vous concernent réellement.
Les indicateurs 22 et 32 restent applicables mais ne sont pas audités pour les nouveaux entrants.
Comment prouver l’analyse du besoin quand personne n’est encore inscrit ?
C’est précisément ce que demande l’indicateur 4 : analyser le besoin « en lien avec l’entreprise et/ou le financeur », avant la prestation, donc souvent avant que les bénéficiaires soient nommés. Dans Qualiomatic, le recueil du besoin se rattache au client commanditaire de la session, pas au stagiaire : vous lui envoyez un lien, il décrit son contexte, ses attentes, ses contraintes et ses besoins d’adaptation sans créer de compte, et l’application conserve la date et l’origine de sa réponse.
Le questionnaire de positionnement (indicateur 8) suit la même logique : chaque bénéficiaire reçoit un lien personnel et s’auto-évalue avant la formation, qu’il ait un compte ou non. Le score obtenu est le même que s’il avait répondu depuis son espace.
Qualiomatic remplace-t-il un LMS ? Que fait exactement l’espace stagiaire ?
Qualiomatic n’est pas un LMS au sens de parcours e-learning autonomes et modulaires : c’est un outil de pilotage Qualiopi, centré sur la conformité et la diffusion des supports d’une session.
Concrètement, le stagiaire y retrouve les supports publiés, les diaporamas de la formation, les quiz, l’émargement numérique et, dès la session marquée « Réalisée », son attestation de fin de formation à télécharger. Une progression visible (points, niveaux, badges) l’accompagne sans se substituer au contenu pédagogique, qui reste celui que vous déposez.
Sources
Chaque affirmation de cette page renvoie à un texte officiel. Les liens ouvrent le site de l’éditeur concerné.
- Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées — Légifrance
- Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences (applicable au 1er novembre 2026) — Légifrance
- Guide de lecture du Référentiel national qualité « Qualiopi », V.8 du 23 novembre 2023 — France compétences
- Accessibilité des établissements recevant du public (ERP) : règles, dérogations et attestation — Service-public.fr — Entreprendre
- Registre d’accessibilité obligatoire : un guide pour les ERP — Ministère chargé des personnes handicapées
- Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA) — Direction interministérielle du numérique
- RGAA — champ d’application de l’obligation d’accessibilité numérique — Direction interministérielle du numérique
- Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) — Service-public.fr
- Ressource Handicap Formation (RHF) — Agefiph
- Agefiph — l’offre destinée aux acteurs de la formation — Agefiph
- Fiphfp — fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique — Fiphfp
- Compenser votre handicap en formation — Mon Parcours Handicap (Cnsa / Caisse des Dépôts)
Contenu d’information générale, à jour à la date indiquée ci-dessus. Il ne constitue pas un conseil juridique et ne garantit pas l’issue d’un audit de certification.
Pour aller plus loin
Indicateur 26 — Accueil des personnes en situation de handicap
Le détail de l’attendu, les preuves et les écueils, indicateur par indicateur.
Indicateur 10 — Adaptation de la prestation
Là où se jugent vos aménagements de parcours et vos personnes ressources.
Indicateur 17 — Moyens humains et techniques
Bail, registre public d’accessibilité et équipements : les preuves sur les lieux.
L’Agefiph
Son rôle, ses aides et ce qu’elle attend d’un organisme de formation.
Le Fiphfp
Le pendant public : à connaître dès qu’un stagiaire est agent.
Les documents obligatoires d’une formation
Où inscrire la mention d’accessibilité et le contact du référent handicap.
Commencez par une session
Créez votre organisme, saisissez une formation, planifiez une session : vous verrez tout de suite ce que l’outil prend en charge à votre place.