Qualiopi, la certification qualité des organismes de formation

Une certification qui conditionne l’accès aux financements publics et mutualisés — ni un label pédagogique, ni une autorisation d’exercer.

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Les sept critères

Chaque critère se décline en indicateurs, et chaque indicateur se prouve. Cliquez pour ouvrir le détail.

Information du publicConditions d'information du public sur les prestations, délais et résultatsCe que vous annoncez publiquement doit être exact, complet et vérifiable avant qu’on s’inscrive.3 indicateurs Objectifs et conceptionIdentification précise des objectifs et adaptation aux publics bénéficiairesComprendre le besoin, écrire des objectifs évaluables, puis concevoir en face — dans cet ordre.5 indicateurs Déroulement et suiviAdaptation des prestations, de l'accueil, du suivi et de l'évaluation aux publicsTout ce qui se passe pendant la prestation : accueil, assiduité, adaptation, évaluation des acquis.8 indicateurs Moyens mobilisésAdéquation des moyens pédagogiques, techniques et d'encadrementLes personnes, les salles, les outils et les ressources réellement disponibles pour ce que vous annoncez.4 indicateurs Compétences des équipesQualification et développement des connaissances et compétences des personnelsSavoir qui intervient, sur quoi repose sa légitimité, et comment il reste à jour.2 indicateurs Ancrage professionnelInscription et investissement du prestataire dans son environnement professionnelRester branché sur son environnement : trois veilles, l’accueil du handicap, la maîtrise des sous-traitants.7 indicateurs Écoute et améliorationRecueil et prise en compte des appréciations et des réclamationsRecueillir les appréciations et les réclamations, puis montrer ce qu’on en a fait.3 indicateurs

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Ce qu’est Qualiopi

Qualiopi est la certification qualité que doivent détenir les prestataires d’actions concourant au développement des compétences pour être financés par les fonds publics et mutualisés de la formation professionnelle. L’obligation elle-même tient en un seul article du code du travail, L. 6316-1. Tout le reste (sept critères, indicateurs, modalités d’audit, durée de validité) n’est que la manière dont l’État a décidé de la vérifier.

Elle atteste d’un processus : un organisme informe correctement son public, analyse un besoin avant de concevoir, suit ce qu’il met en œuvre, mobilise des intervenants dont la compétence est démontrable, se tient à jour et exploite ce qu’on lui reproche. Elle ne dit rien de la valeur d’une journée de formation en particulier, et ne prétend pas le dire.

Deux voies mènent au certificat, et la loi les met sur le même plan (art. L. 6316-2) : un organisme certificateur accrédité par l’instance nationale d’accréditation, le Cofrac, ou une instance de labellisation reconnue par France compétences. Une confusion revient sans cesse à ce sujet : le Cofrac accrédite le certificateur, jamais l’organisme de formation. Un organisme est donc certifié par un accrédité, jamais « accrédité Qualiopi » lui-même.

Qui doit être certifié, et pourquoi

L’obligation s’applique à ceux qui veulent être payés par certains financeurs. C’est le point de bascule, et il est régulièrement mal lu. Une entreprise qui achète une formation sur ses propres deniers reste libre de choisir un prestataire non certifié. Dès qu’un fonds énuméré par la loi entre dans le tour de table, la certification devient la condition d’entrée. L’affaire se joue à la date de prise en charge du dossier, avant toute facturation.

L’obligation s’applique depuis le 1er janvier 2022 (décret n° 2019-564 du 6 juin 2019, art. 2). Elle s’apprécie à la date de conclusion du contrat ou de la convention de financement, ou à la date de validation du dossier sur la plateforme du financeur (art. R. 6316-8) : un certificat obtenu deux semaines après la signature ne rattrape pas un dossier déjà engagé, et c’est la cause la plus banale de prise en charge refusée.

Les financeurs concernés sont limitativement énumérés à l’article L. 6316-1 :

  • Les opérateurs de compétences (OPCO), pour les plans de développement des compétences et les contrats en alternance
  • L’État et les régions
  • La Caisse des dépôts et consignations, qui opère le compte personnel de formation
  • France Travail
  • L’institution mentionnée à l’article L. 5214-1, l’Agefiph
  • La commission mentionnée à l’article L. 6323-17-6, pour les projets de transition professionnelle

Quatre catégories d’actions, un périmètre à déclarer

Le code du travail distingue quatre catégories d’actions concourant au développement des compétences (art. L. 6313-1) : les actions de formation, les bilans de compétences, les actions permettant de faire valider les acquis de l’expérience, et les actions de formation par apprentissage. La certification se demande pour les catégories que vous exercez, et pour elles seules.

Ce choix a des conséquences directes : le périmètre déclaré décide des indicateurs qui vous seront opposés. Un organisme qui ne délivre que des actions de formation n’est pas interrogé sur les obligations propres aux centres de formation d’apprentis. Un centre d’apprentissage l’est en plus du socle commun. Élargir son périmètre, c’est élargir la surface auditée, et l’inverse aussi.

À l’intérieur même des actions de formation, trois caractéristiques ouvrent des indicateurs supplémentaires (préparer à une certification professionnelle, pratiquer l’alternance ou la formation en situation de travail, recourir à la sous-traitance ou au portage salarial). Les déclarer, c’est accepter d’être audité dessus. Les taire ne protège de rien : l’écart apparaît le jour où l’auditeur ouvre un contrat de sous-traitance qui n’aurait pas dû exister.

Ce que Qualiopi n’est pas

Ce n’est pas une autorisation d’exercer. La loi conditionne le financement par les organismes qu’elle énumère. Un formateur non certifié peut travailler, facturer et prospérer tant que ses clients paient eux-mêmes. Cette confusion est coûteuse : elle fait acheter des audits à des gens qui n’en avaient pas besoin.

Ce n’est pas davantage un label de qualité pédagogique. Les sept critères de l’article R. 6316-1 portent sur les conditions d’information du public, l’identification des objectifs, l’adaptation aux publics, l’adéquation des moyens, la qualification des personnels, l’inscription dans l’environnement professionnel et le recueil des appréciations. Aucun n’évalue un contenu, une progression ou un talent d’animation. Un organisme certifié peut former médiocrement, et un excellent formateur non certifié forme excellemment.

Ce n’est pas non plus un acquis. Le certificat vaut trois ans (art. R. 6316-2) et le cycle prévoit une vérification à mi-parcours : la conformité doit tenir entre les audits, pas seulement le jour de l’audit. Enfin, la certification ne se substitue à aucune des autres démarches d’un organisme de formation — formalités d’existence, documents contractuels, obligations déclaratives annuelles —, que ce site traite séparément dans ses guides.

Le cadre juridique en six textes

Le dispositif tient dans un petit nombre de textes, et il est utile de savoir lequel dit quoi. Quand un certificateur ou un financeur avance une exigence, elle doit pouvoir se rattacher à l’un d’eux. Sinon, c’est une pratique d’organisme, ce qui reste discutable.

Le référentiel est une annexe du code du travail, introduite par l’article D. 6316-1-1 : on ne l’achète ni ne le télécharge ailleurs. Sa version en vigueur jusqu’au 31 octobre 2026 compte trente-deux indicateurs répartis sur les sept critères. Le décret du 1er août 2026 remplace cette annexe à compter du 1er novembre 2026 : les sept critères restent identiques, les indicateurs passent à trente-trois.

Un changement de référentiel se lit comme une relecture : les mêmes obligations, redécoupées et resserrées, avec des exigences déplacées d’un indicateur à l’autre. Ce qui change en pratique, c’est la grille sur laquelle votre dossier sera coché au prochain audit, et le moment où votre certificateur bascule dessus.

TexteCe qu’il pose
Art. L. 6316-1 à L. 6316-5 du code du travailL’obligation de certification, la liste des financeurs concernés, et qui peut délivrer le certificat
Art. R. 6316-1 et suivantsLes sept critères qualité, la validité de trois ans, le moment où la certification s’apprécie
Décret n° 2019-564 du 6 juin 2019L’entrée en vigueur de l’obligation, au 1er janvier 2022
Décret n° 2019-565 du 6 juin 2019Le Référentiel National Qualité, annexé au code du travail (art. D. 6316-1-1)
Arrêté du 6 juin 2019Les modalités d’audit : types d’audit, durées, échantillonnage des sites, non-conformités
Décret n° 2026-728 du 1er août 2026La version du référentiel applicable à compter du 1er novembre 2026

Comment on l’obtient, étape par étape

Le parcours commence par un état des lieux honnête : pour chaque indicateur applicable, qu’est-ce que vous faites déjà, et qu’est-ce qui en reste par écrit ? La distance entre les deux est le vrai plan de travail. Presque tous les organismes découvrent qu’ils font l’essentiel, et qu’ils n’en gardent presque rien.

Le point qui décide de l’issue est la matière. Un référentiel se prouve avec des pièces datées, cohérentes entre elles et rattachées à des sessions qui ont réellement eu lieu. Un classeur de modèles vierges, aussi complet soit-il, ne passe pas : l’auditeur choisit lui-même les sessions qu’il examine et demande à voir ce qui s’est passé ce jour-là.

La durée de l’audit dépend du chiffre d’affaires, du nombre de catégories d’actions et du nombre de sites, selon des barèmes fixés par arrêté ; pour un organisme multi-sites, une partie des sites est échantillonnée. Le plus coûteux est ailleurs : le temps de mise en ordre qui précède cette journée, et il se compte en semaines quand rien n’a été rangé au fil de l’eau. Les étapes, elles, ne varient pas :

  • Délimiter son périmètre : quelles catégories d’actions, et lesquelles des trois caractéristiques (certifiant, alternance ou AFEST, sous-traitance) vous concernent
  • Choisir son certificateur : un organisme accrédité par le Cofrac, ou une instance de labellisation reconnue par France compétences
  • Réunir les preuves, indicateur par indicateur : des pièces datées qui montrent la pratique
  • Passer l’audit initial, sur un échantillon de sessions choisi par l’auditeur
  • Lever les non-conformités éventuelles dans les délais imposés
  • Recevoir le certificat, valable trois ans

Le cycle : initial, surveillance, renouvellement

Le certificat vaut trois ans, mais ces trois années restent surveillées. Le cycle comporte trois rendez-vous, dont un au milieu, et c’est ce rendez-vous intermédiaire qui donne au dispositif son effet réel : il oblige à tenir la conformité en continu, sans attendre l’échéance pour la reconstituer.

La fenêtre de surveillance est étroite et connue d’avance. Elle tombe précisément au moment où les habitudes prises pour l’audit initial ont eu le temps de se relâcher. C’est là que se concentrent la plupart des écarts, dans les pièces des sessions tenues depuis, alors que les procédures, elles, n’ont pas bougé.

Les constats se soldent selon leur gravité. Une non-conformité majeure appelle des actions correctives effectives sous trois mois, vérifiées par le certificateur avant toute décision sur la certification. Une non-conformité mineure donne lieu à un plan d’action, transmis dans le délai fixé par le certificateur et mis en œuvre dans un délai de six mois (arrêté du 6 juin 2019, art. 5).

AuditQuandCe qu’il examine
InitialAvant la première délivrance du certificatTous les indicateurs applicables au périmètre déclaré
SurveillanceEntre le 14e et le 22e mois suivant l’obtentionLe maintien de la conformité et la levée des constats antérieurs
RenouvellementSur place, avant l’échéance du certificatComme un audit initial, en vérifiant les suites données aux non-conformités

Ce que ça représente au quotidien

Ramené au jour le jour, le référentiel se traduit en gestes qui reviennent à chaque session : recueillir le besoin du commanditaire avant de concevoir, positionner les stagiaires à l’entrée, remettre les documents contractuels et la convocation, faire signer les présences, évaluer les acquis, mesurer la satisfaction à chaud puis à froid, et ranger chaque pièce là où on la retrouvera dans trois ans.

S’y ajoutent des obligations continues, qui ne dépendent d’aucune session et que rien ne déclenche à votre place : trois veilles distinctes à tenir et surtout à exploiter, un registre des réclamations, des taux de résultats à recalculer et à publier, des curriculum vitae d’intervenants à maintenir à jour, un référent handicap identifiable.

C’est le volume qui fait échouer, pas la difficulté. Pris isolément, chaque geste est trivial ; multiplié par le nombre de sessions et étalé sur trois ans, il devient une charge administrative qui déborde d’abord sur un tableur, puis sur la mémoire, puis sur rien du tout. Les organismes qui échouent à l’audit de surveillance sont, la plupart du temps, ceux qui n’ont rien gardé, même quand leur travail est bon.

Questions fréquentes

Qualiomatic garantit-il l’obtention de la certification Qualiopi ?

Non. Aucun outil ne peut garantir l’obtention de la certification, qui relève de la seule appréciation de l’organisme certificateur. Qualiomatic structure vos preuves (statut par indicateur, documents générés, émargement horodaté, données de satisfaction) pour que votre dossier soit complet et cohérent le jour de l’audit.

L’audit lui-même reste réalisé par un organisme certificateur accrédité, indépendant de Qualiomatic, qui seul décide de la délivrance de la certification.

Tous les indicateurs sont-ils couverts ?

Tous les indicateurs du Référentiel National Qualité sont suivis dans l’application, mais tous ne s’appliquent pas à tous les organismes : leur applicabilité dépend de votre profil d’activité (actions certifiantes, AFEST ou alternance, sous-traitance). Qualiomatic ne vous demande de traiter que les indicateurs qui vous concernent réellement.

Les indicateurs 22 et 32 restent applicables mais ne sont pas audités pour les nouveaux entrants.

Peut-on utiliser Qualiomatic sans être (encore) certifié Qualiopi ?

Oui. Toute la gestion de l’organisme fonctionne indépendamment de la certification : sessions et planning, annuaire des clients, stagiaires, intervenants et salles, documents légaux, supports et diaporamas, questionnaires, émargement numérique, espace stagiaire et bilan pédagogique et financier. Rien de tout cela ne demande d’être certifié. Ce sont les outils du métier, pas ceux de l’audit.

Le suivi des indicateurs est là quand vous en avez besoin : il se nourrit des données que vous saisissez déjà, si bien qu’un organisme qui utilise l’application depuis un an arrive devant l’auditeur avec un dossier largement constitué, sans avoir eu à le monter à part.

L’audit blanc remplace-t-il l’audit Qualiopi ?

Non. L’audit blanc est un outil de préparation interne : il tire un échantillon de vos dossiers stagiaires, l’inspecte comme le ferait un auditeur et rend un verdict noté, pour que vous corrigiez vos écarts avant le jour J.

L’audit Qualiopi réel reste mené par un organisme certificateur accrédité, indépendant de Qualiomatic, qui seul décide de la délivrance de la certification.

L’auditeur peut-il consulter le dossier lui-même ?

Oui, un rôle « auditeur » dédié donne un accès en lecture seule au dossier de conformité, aux documents et à l’émargement. Les données personnelles des stagiaires y sont anonymisées, conformément au principe de minimisation.

Sources

Chaque affirmation de cette page renvoie à un texte officiel. Les liens ouvrent le site de l’éditeur concerné.

  1. Articles L. 6316-1 à L. 6316-5 du code du travailLégifrance
  2. Articles R. 6316-1 et suivants du code du travailLégifrance
  3. Article L. 6313-1 du code du travail (catégories d’actions)Légifrance
  4. Décret n° 2019-564 du 6 juin 2019 relatif à la qualité des actions de la formation professionnelleLégifrance
  5. Décret n° 2019-565 du 6 juin 2019 relatif au référentiel national qualitéLégifrance
  6. Arrêté du 6 juin 2019 relatif aux modalités d’auditLégifrance
  7. Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national qualitéLégifrance
  8. Accréditation des organismes certificateurs — formation professionnelleCofrac

Contenu d’information générale, à jour à la date indiquée ci-dessus. Il ne constitue pas un conseil juridique et ne garantit pas l’issue d’un audit de certification.

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Qualiopi : ce que c’est et comment l’obtenir — Qualiomatic