Test de positionnement et évaluation des acquis en formation : ce qu’attend Qualiopi
Indicateurs 8 et 11 : situer chaque bénéficiaire à l’entrée, mesurer ce qu’il a acquis en cours et en fin de parcours, en garder la trace. Et ce que la loi dit encore, ou ne dit plus, de l’attestation de fin de formation.
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Deux indicateurs, trois moments
Le référentiel national qualité traite l’évaluation en deux endroits. Au critère 2, l’indicateur 8, « Positionnement et évaluation à l’entrée », se joue avant ou au démarrage de l’action. Au critère 3, l’indicateur 11, « Évaluation de l’atteinte des objectifs », se joue pendant et à la fin. Entre les deux, les mêmes objectifs servent de fil : ceux que l’indicateur 5 demande de définir de façon opérationnelle et évaluable, formulés en compétences à acquérir.
Jusqu’au 31 décembre 2018, la loi elle-même en parlait : l’article L. 6353-1 du code du travail évoquait un parcours comprenant « le positionnement pédagogique, l’évaluation et l’accompagnement de la personne qui suit la formation ». Cette rédaction a disparu au 1ᵉʳ janvier 2019. Pour une action de formation, l’exigence de positionner et d’évaluer repose aujourd’hui sur le référentiel, et sur quelques articles plus ciblés que ce guide signale au passage.
| Moment | Indicateur | Question posée | Trace attendue |
|---|---|---|---|
| À l’entrée | 8 | Où en est la personne par rapport aux objectifs ? A-t-elle les prérequis ? | Procédure écrite, résultat par bénéficiaire, décision prise |
| En cours de formation | 11 | Progresse-t-elle ? Faut-il ajuster ? | Évaluation intermédiaire datée, bilan intermédiaire |
| En fin de formation | 11 | Les objectifs sont-ils atteints ? | Évaluation finale, résultat restitué au bénéficiaire |
| Après la formation | 30 | Qu’en pense-t-elle ? S’en sert-elle ? | Questionnaires de satisfaction : une appréciation, pas une évaluation des acquis |
Indicateur 8 : positionner à l’entrée
Le niveau attendu tient en une ligne : « déterminer les procédures de positionnement et d’évaluation des acquis à l’entrée de la prestation ». Le guide de lecture du ministère du Travail définit les deux notions. La procédure de positionnement est le procédé qui permet de situer le bénéficiaire par rapport aux objectifs visés, en vue d’adapter la prestation à son profil. La procédure d’évaluation des acquis est la vérification de la maîtrise des prérequis, qui conditionne l’accès à la prestation. L’une sert à adapter, l’autre à admettre.
Le même guide fixe quatre tolérances qu’il vaut mieux connaître. Le positionnement peut se limiter à la prise en compte des diplômes, certificats, titres ou de l’expérience, si le prestataire justifie que cela suffit. Il peut être réalisé pendant le parcours d’admission ou en début de formation. Quand il n’y a pas de prérequis, l’information doit être disponible : écrivez-le, plutôt que de laisser la rubrique vide. Et quand vous n’êtes pas responsable des conditions d’accès, vous démontrez que vous appliquez celles qui vous sont fixées.
L’indicateur fait partie de ceux dont la non-conformité peut être mineure : le guide la caractérise par un dispositif existant mais incomplet. Pour une formation certifiante, les prérequis doivent en outre être cohérents avec ceux de la certification inscrite au répertoire national ou au répertoire spécifique.
Deux textes voisins complètent le tableau. L’indicateur 1 fait des prérequis une information à diffuser au public ; l’article L. 6353-4 du code du travail impose, dans le contrat conclu avec un particulier, de préciser à peine de nullité le niveau de connaissances préalables requis. Les prérequis s’annoncent, puis se vérifient. L’indicateur 4, lui, porte sur autre chose : l’analyse du besoin, menée en lien avec l’entreprise ou le financeur.
Test, entretien, auto-positionnement : choisir la forme
Le guide de lecture cite le diagnostic préalable, l’entretien, l’évaluation des acquis à l’entrée (quiz, QCM, exercices, mise en situation, test), les outils de mesure des écarts et l’auto-positionnement. Aucune forme n’est supérieure : le choix dépend de la décision que vous devez prendre.
Un positionnement ne vaut que par ce qu’il déclenche : un rythme adapté, des groupes de niveau, un module préalable, une réorientation, parfois un refus d’inscription. Écrivez cette décision, même quand elle consiste à ne rien changer. Et si le guide autorise un positionnement en début de formation, le recueillir quelques jours avant laisse le temps d’en tenir compte.
- L’auto-positionnement sur les objectifs : rapide, et comparable à une auto-évaluation de sortie ; il reste déclaratif.
- Le test de niveau ou le QCM : adapté pour vérifier un prérequis de connaissances.
- L’entretien : adapté au sur-mesure et aux petits effectifs, à condition d’en garder un compte rendu daté.
- La mise en situation : adaptée aux gestes techniques, avec une grille d’observation.
- L’examen des diplômes, titres ou de l’expérience : suffisant quand c’est le prérequis lui-même, et à justifier comme tel.
Indicateur 11 : évaluer l’atteinte des objectifs
Le niveau attendu : « évaluer l’atteinte par les publics bénéficiaires des objectifs de la prestation », par une évaluation des acquis en cours et en fin de prestation. Le guide de lecture cite comme preuves les outils d’évaluation des acquis en cours et en fin de prestation, les outils d’auto-évaluation mis à la disposition des bénéficiaires, les bilans intermédiaires, les comptes rendus et le livret de compétences. Il précise que le processus doit être formalisé, c’est-à-dire défini et matérialisé par des outils.
Le régime d’audit est strict. Dans l’échantillon examiné, le non-respect de l’indicateur, même partiel, entraîne une non-conformité majeure : il n’existe pas de non-conformité mineure sur l’indicateur 11. Un aménagement est prévu pour les nouveaux entrants : à l’audit initial, il suffit qu’un processus d’évaluation existe et soit formalisé ; sa mise en œuvre est auditée à l’audit de surveillance.
Évaluer les acquis n’est pas mesurer la satisfaction. Le guide de lecture indique, à propos de l’indicateur 30, que les évaluations des acquis n’y sont pas une preuve probante ; l’inverse vaut tout autant. « La formation a-t-elle répondu à vos attentes ? » ne dit rien de ce que la personne sait faire.
Quiz, mise en situation, production : les formes d’évaluation
La forme se déduit du verbe de l’objectif. Un objectif de connaissance se vérifie par un questionnaire ; un savoir-faire, par une mise en situation ou une production notée sur une grille ; une capacité d’analyse, par une étude de cas. Un objectif qu’aucune épreuve ne peut vérifier (« être sensibilisé à », « comprendre les enjeux de ») n’est pas un objectif évaluable, et c’est l’indicateur 5 qui est en cause avant le 11.
À distance, l’évaluation fait partie de la définition même de l’action : l’article D. 6313-3-1 du code du travail y inclut « des évaluations qui jalonnent ou concluent l’action de formation ». Pour le CPF, la Caisse des Dépôts mesure d’ailleurs le taux de réalisation d’une formation à distance d’après les jalons pédagogiques ou d’évaluation réalisés par le stagiaire.
- En cours : un quiz court par séquence, un exercice corrigé, un bilan intermédiaire. Le but est de pouvoir encore ajuster.
- En fin : une épreuve qui couvre chaque objectif annoncé, avec un barème ou une grille connus à l’avance.
- Sur les mêmes objectifs qu’à l’entrée, une auto-évaluation de sortie, pour mesurer l’écart avec le positionnement.
- Un résultat par bénéficiaire, et non une appréciation du groupe.
Ce qu’il faut garder, bénéficiaire par bénéficiaire
L’auditeur procède par échantillonnage : il choisit des actions, puis remonte les pièces. Ce qu’il doit trouver n’est pas un classeur de questionnaires, mais une chaîne qui se suit d’un bout à l’autre pour une même personne.
- La procédure : qui positionne et qui évalue, à quel moment, avec quel outil, et ce qu’on fait du résultat.
- L’outil lui-même : le questionnaire, le sujet, la grille, le barème.
- Le résultat de chaque bénéficiaire, daté, à l’entrée, en cours et en fin de formation.
- La décision ou l’adaptation qui a suivi un positionnement ou un résultat intermédiaire.
- La restitution du résultat au bénéficiaire.
- Une synthèse par session, qui servira à faire évoluer la formation.
L’attestation de fin de formation : ce que la loi dit encore
On lit partout que l’article L. 6353-1 du code du travail impose de remettre au stagiaire une attestation mentionnant les objectifs, la nature et la durée de l’action et les résultats de l’évaluation des acquis. C’était exact dans la version de l’article en vigueur jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2019. Depuis cette date, l’article tient en une phrase : pour la réalisation des actions de formation, une convention est conclue entre l’acheteur et l’organisme qui les dispense, selon des modalités déterminées par décret. L’attestation n’y figure plus.
Trois textes en gardent la trace. L’article L. 6313-7 prévoit que les formations non certifiantes « peuvent faire l’objet d’une attestation dont le titulaire peut se prévaloir » : une possibilité, pas une obligation. L’article D. 6353-1 impose que la convention précise « les modalités de déroulement, de suivi et de sanction de l’action » lorsque celle-ci est financée par l’un des organismes de l’article L. 6316-1 : ce que vous y annoncez vous engage. Et l’article L. 6353-4 exige, dans le contrat conclu avec un particulier, les modalités de contrôle des connaissances et la nature de la sanction éventuelle de la formation.
En pratique, l’attestation reste la manière normale de restituer au bénéficiaire le résultat qu’attend l’indicateur 11, et les mentions de l’ancien texte en restent le bon modèle. Mais si un auditeur la demande, c’est au titre du référentiel et de ce que votre convention annonce, pas au titre de l’article L. 6353-1. Elle ne se confond pas avec le certificat de réalisation, que l’arrêté du 21 décembre 2018 destine au contrôle de service fait du financeur.
Les erreurs qui reviennent
Elles tiennent presque toutes à la même cause : un outil rempli pour lui-même, sans lien avec les objectifs ni avec une décision.
- Un positionnement identique pour toutes les formations, sans rapport avec les objectifs de chacune.
- Des questionnaires collectés et jamais exploités : aucune trace de ce que le résultat a changé.
- Une seule évaluation, à la fin, quand plus rien ne peut être rattrapé.
- Le questionnaire de satisfaction présenté comme évaluation des acquis.
- Une attestation qui dit « a suivi la formation », sans aucun résultat.
- Des objectifs que rien ne permet d’évaluer, donc une évaluation impossible à construire.
- Des modèles de documents qui citent encore l’article L. 6353-1 comme fondement de l’attestation.
Indicateurs du référentiel concernés
Questions fréquentes
Le test de positionnement est-il obligatoire en formation ?
Pour un organisme certifié Qualiopi, l’indicateur 8 impose de déterminer des procédures de positionnement et d’évaluation des acquis à l’entrée de la prestation. Il n’impose pas un test : le guide de lecture du ministère du Travail admet l’entretien, l’auto-positionnement, la mise en situation, et même la seule prise en compte des diplômes ou de l’expérience si le prestataire la justifie.
Quelle différence entre positionnement et évaluation des acquis ?
À l’entrée, le positionnement situe le bénéficiaire par rapport aux objectifs de la formation pour adapter la prestation, tandis que l’évaluation des acquis vérifie qu’il maîtrise les prérequis qui conditionnent l’accès : ce sont les définitions du guide de lecture du référentiel.
En cours et en fin de formation, l’évaluation des acquis mesure l’atteinte des objectifs par chaque bénéficiaire : c’est l’objet de l’indicateur 11.
Quand faire passer le test de positionnement ?
Le guide de lecture du référentiel national qualité admet que la procédure de positionnement soit réalisée pendant le parcours d’admission ou en début de formation. Le recueillir avant le premier jour laisse le temps d’adapter le contenu, de constituer des groupes ou de réorienter une personne qui n’a pas les prérequis.
Comment évaluer les acquis en fin de formation ?
Par une épreuve qui couvre chaque objectif annoncé : questionnaire pour des connaissances, mise en situation ou production notée sur une grille pour un savoir-faire, étude de cas pour une capacité d’analyse. L’indicateur 11 attend aussi une évaluation en cours de prestation, et un résultat par bénéficiaire, restitué à l’intéressé.
Un questionnaire de satisfaction suffit-il pour l’indicateur 11 ?
Non. L’indicateur 11 demande d’évaluer l’atteinte des objectifs par les bénéficiaires, et son non-respect, même partiel, est une non-conformité majeure. La satisfaction relève de l’indicateur 30, pour lequel le guide de lecture précise à l’inverse que les évaluations des acquis ne sont pas une preuve probante.
L’attestation de fin de formation est-elle obligatoire ?
L’article L. 6353-1 du code du travail ne l’impose plus depuis le 1ᵉʳ janvier 2019 : il ne traite plus que de la convention. L’article L. 6313-7 prévoit que les formations non certifiantes peuvent faire l’objet d’une attestation dont le titulaire peut se prévaloir.
Elle reste attendue en pratique : la convention doit indiquer les modalités de sanction de l’action (art. D. 6353-1), et l’indicateur 11 de Qualiopi suppose de restituer au bénéficiaire le résultat de son évaluation.
Sources
Chaque affirmation de cette page renvoie à un texte officiel. Les liens ouvrent le site de l’éditeur concerné.
- Référentiel national qualité — annexe au code du travail (indicateurs 5, 8 et 11) — Légifrance
- Guide de lecture du référentiel national qualité, version 8 (23 novembre 2023) — indicateurs 8, 11 et 30 — Ministère du Travail (DGEFP) — document hébergé par France compétences
- Article L. 6353-1 du code du travail — version en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2019 — Légifrance
- Article L. 6353-1 du code du travail — version en vigueur jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2019 (positionnement, attestation) — Légifrance
- Article L. 6313-7 du code du travail — formations certifiantes et attestation — Ministère du Travail — Code du travail numérique
- Article D. 6353-1 du code du travail — mentions de la convention — Ministère du Travail — Code du travail numérique
- Article L. 6353-4 du code du travail — contenu du contrat conclu avec un particulier — Ministère du Travail — Code du travail numérique
- Article D. 6313-3-1 du code du travail — action de formation réalisée à distance — Ministère du Travail — Code du travail numérique
- Arrêté du 21 décembre 2018 relatif aux pièces nécessaires au contrôle de service fait — Légifrance
- Mon Compte Formation — conditions particulières « organismes de formation », version 15 (mai 2026), article 5.1 — Caisse des Dépôts
Contenu d’information générale, à jour à la date indiquée ci-dessus. Il ne constitue pas un conseil juridique et ne garantit pas l’issue d’un audit de certification.
Pour aller plus loin
Indicateur 8 — Positionnement et évaluation à l’entrée
Les tâches de l’indicateur, une par une.
Indicateur 11 — Évaluation de l’atteinte des objectifs
Ce que l’évaluation doit démontrer, et ce qu’il faut en conserver.
Questionnaire de satisfaction en formation
L’autre questionnaire, celui qui recueille une appréciation.
Les documents obligatoires d’une action de formation
L’attestation et le certificat de réalisation parmi les autres pièces.
Supports, diaporamas et quiz
Écrire ses quiz et son test de niveau dans l’application.
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