Audit de surveillance Qualiopi : quand, durée, contenu et préparation

Le rendez-vous du milieu de cycle : entre le 14e et le 22e mois suivant la certification, à distance sauf exception, sur des actions réalisées depuis l’audit initial. Ce qui est vérifié, combien de temps cela dure et ce que l’on risque.

Gratuit, sans carte bancaire, sans engagement. Vos données restent à vous.

À quoi sert l’audit de surveillance

La certification Qualiopi est délivrée pour trois ans (article R. 6316-2 du code du travail), et l’audit de surveillance en est le point de contrôle intermédiaire. L’arrêté du 6 juin 2019 lui assigne un objet précis : vérifier, une fois la certification délivrée, « que le référentiel en vigueur est toujours appliqué ». Ce n’est ni un second audit initial, ni une formalité : l’auditeur ne revient pas sur ce qu’il a déjà vu, il regarde ce que vous avez fait depuis.

C’est ce qui le rend plus exigeant qu’il n’y paraît. L’échantillon est tiré parmi les actions conduites depuis l’audit précédent ; la période de référence est celle qui sépare l’audit initial de l’audit de surveillance. Un organisme qui a soigné son dossier pour l’audit initial puis relâché l’effort le découvre à ce moment-là, sur des sessions qu’il ne peut plus rattraper.

Il fait partie du cycle dès la signature du contrat de certification. Les questions-réponses du ministère du Travail le rappellent : la norme d’accréditation des certificateurs prévoit que ce contrat engage le client à prendre toutes les dispositions nécessaires à la conduite de l’audit de surveillance.

Quand a lieu l’audit de surveillance ?

L’article 2 de l’arrêté fixe une fenêtre : entre le 14e et le 22e mois suivant la date d’obtention de la certification. Le ministère du Travail la résume par la formule « à plus ou moins 18 mois ». Pour un certificat obtenu en mars 2025, la fenêtre s’ouvre au printemps 2026 et se referme au début de l’année 2027 ; les dates exactes figurent dans votre contrat et dans le planning de votre certificateur, qui seul fait foi.

La date se choisit à l’intérieur de cette fenêtre, et c’est à vous de la provoquer si le certificateur tarde. Les questions-réponses du ministère sont nettes sur la suite : si l’organisme n’a pas pris les dispositions pour que l’audit ait lieu pendant la période réglementaire, le certificat doit être suspendu ; faute de mise en conformité, le non-respect des engagements contractuels peut aboutir à la rupture du contrat, donc au retrait du certificat.

Avant l’audit, le certificateur collecte trois séries d’éléments : l’actualisation de vos données administratives (coordonnées du dirigeant, organigramme, adresses des sites), une description de votre activité depuis la certification (catégories d’actions mises en œuvre, formation à distance, en situation de travail, en alternance, certifiante, sous-traitance confiée ou reçue) et votre dernier bilan pédagogique et financier, qui sert à calculer la durée. Il vous communique ensuite un plan d’audit indiquant le périmètre, les personnes à entendre et les indicateurs concernés.

Un point de calendrier propre à 2026 : l’audit de surveillance vérifie le référentiel en vigueur au jour où il se tient. Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 entre en vigueur le 1er novembre 2026, sans disposition transitoire. Si votre fenêtre court de part et d’autre de cette date, le choix du jour détermine la version sur laquelle vous serez audité ; faites-vous confirmer ce point par écrit par votre certificateur.

À distance ou sur site ?

Le principe est posé sans ambiguïté par l’arrêté : « l’audit de surveillance est réalisé à distance ». Il suppose donc que vos preuves soient consultables sous forme numérique et que les personnes nommées au plan d’audit soient disponibles pour des entretiens à distance. Quatre cas le ramènent sur site.

L’analyse de risque est établie par le certificateur en amont. Les questions-réponses du ministère en donnent des critères : une augmentation du volume d’activité, un nombre important de non-conformités, des non-conformités majeures qui appellent une visite, une défaillance dans la maîtrise de la sous-traitance ou dans le rôle de la fonction centrale. Autrement dit, la façon dont s’est conclu votre audit initial pèse sur la forme du suivant.

Demander soi-même un audit sur site peut avoir du sens quand vos preuves tiennent à des lieux : plateaux techniques, équipements, affichages. La durée réglementaire n’en est pas modifiée ; les frais de déplacement éventuels dépendent de votre contrat.

  • Un signalement conforme aux règles de réclamation définies par l’organisme certificateur.
  • Les résultats d’une analyse de risque issue de l’audit précédent.
  • Pour les organismes multi-sites, l’échantillonnage d’un ou plusieurs sites à l’initiative du certificateur, en fonction des deux cas précédents.
  • La demande de l’organisme audité.

Combien de temps dure un audit de surveillance ?

La durée n’est pas laissée à l’appréciation du certificateur : elle résulte du barème de l’article 4 de l’arrêté, appliqué au chiffre d’affaires en formation professionnelle inscrit à votre dernier bilan pédagogique et financier. On additionne une durée de base, une majoration pour chaque catégorie d’actions certifiée et une demi-journée par site échantillonné.

Un organisme sur un seul site qui ne déclare que des actions de formation passe donc une demi-journée d’audit de surveillance sous 750 000 € de chiffre d’affaires, et une journée et demie au-delà. Un centre de formation d’apprentis de moins de 750 000 € passe une journée.

  • Sites : + 0,5 jour par site échantillonné. En surveillance, l’échantillon est la racine carrée du nombre de sites multipliée par 0,6, arrondie à l’entier le plus proche, avec au moins un site non audité à l’audit précédent ; la fonction centrale est auditée à chaque audit du cycle.
  • Nouvel entrant : + 0,5 jour si l’organisme a été audité comme nouvel entrant à l’audit initial, pour vérifier la mise en œuvre des indicateurs dont seul le processus avait alors été examiné.
  • Ce que la durée recouvre : le temps écoulé de la réunion d’ouverture à la fin de la réunion de clôture. La préparation, la planification et le rapport n’y sont pas compris, et les durées se comptent par demi-journées (questions-réponses du ministère).
Chiffre d’affaires en formationDurée de basePar catégorie : formation, bilan, VAECatégorie apprentissage
Moins de 750 000 €0,5 jour+ 0 jour+ 0,5 jour
750 000 € et plus1 jour+ 0,5 jour chacune+ 0,5 jour

Ce qui est vérifié

L’arrêté fixe un socle : le certificateur procède « a minima » à la revue des indicateurs du tableau ci-dessous, auxquels il peut en ajouter d’autres. Pour les rares organismes dont l’audit initial s’est tenu selon les durées aménagées de l’article 10, les indicateurs non vérifiés à ce moment-là sont revus aussi. Un dernier point ne figure pas au référentiel : l’affichage du certificat.

Sur ces indicateurs, l’auditeur conduit trois analyses : celle des éléments administratifs relatifs à votre activité, celle de la conformité au référentiel à travers une ou plusieurs actions conduites depuis le précédent audit, et celle des actions menées dans le cadre de votre démarche d’amélioration. L’échantillon d’actions, représentatif de votre activité sur la période, ne vous est pas communiqué avant la réunion d’ouverture.

Cas particulier : l’organisme qui n’a réalisé aucune action dans la catégorie certifiée depuis l’audit initial. Selon les questions-réponses du ministère, il peut conserver sa certification à condition de maintenir les processus présentés à l’audit initial ; à l’audit de renouvellement, en revanche, il devra présenter au moins une nouvelle action.

À compter du 1er novembre 2026, plusieurs indicateurs de ce socle changent de contenu. L’indicateur 1 proscrit toute mention de nature à induire le public en erreur. L’indicateur 19 impose de vérifier l’effectivité du suivi des modules réalisés à distance. L’indicateur 32 ajoute une analyse des risques sur la qualité des formations délivrées. L’arrêté lui-même n’a pas été modifié à la date de ce guide : la composition du socle reste celle du tableau.

Ce qui est revuIndicateursPourquoi
Les écarts de l’audit initialCeux qui ont fait l’objet d’une non-conformitéVérifier l’efficacité des actions correctives et des mesures préventives ; une mineure non levée est requalifiée en majeure
Les indicateurs « majeure uniquement »4, 5, 6, 7, 10, 11, 14, 15, 16, 20, 21, 22, 26, 27, 29, 31 et 32, quand ils vous sont applicablesCe sont ceux sur lesquels aucun écart partiel n’est admis
Trois indicateurs nommés par l’arrêté1, 17 et 19, plus le 3 pour les organismes concernésInformation du public, moyens humains et techniques, ressources pédagogiques
Tout le référentiel applicablePour les organismes audités comme nouveaux entrants à l’audit initialLa mise en œuvre effective des indicateurs 2, 3, 11, 13, 14, 19, 22, 24, 25, 26 et 32 n’avait pas pu être constatée
L’affichage du certificatHors référentielLe certificat doit être affiché dans les locaux et sur le site internet ; à défaut, non-conformité majeure

Comment s’y préparer

La préparation d’un audit de surveillance ne ressemble pas à celle d’un audit initial : il n’y a plus de système à construire, il y a dix-huit mois de pratique à pouvoir montrer.

  • Relisez le rapport de l’audit initial. Chaque non-conformité notifiée sera rouverte : préparez, pour chacune, la preuve de la mise en œuvre et celle de son efficacité sur des sessions postérieures.
  • Passez en revue les indicateurs « majeure uniquement » qui vous sont applicables sur deux ou trois actions récentes, tirées au hasard.
  • Vérifiez les indicateurs 1, 17 et 19 : l’information publiée est-elle à jour (tarifs, délais d’accès, accessibilité) ? Les moyens et les ressources annoncés sont-ils ceux réellement mis à disposition ?
  • Mettez à jour ce que le certificateur va demander : organigramme, adresses des sites, description de l’activité depuis la certification, dernier bilan pédagogique et financier.
  • Contrôlez l’affichage du certificat dans vos locaux et sur votre site internet.
  • Signalez les changements de périmètre avant l’audit plutôt que de les laisser découvrir : une nouvelle catégorie d’actions suppose une demande d’extension (article 9), un nouveau site doit être audité avant d’entrer au certificat (article 6).
  • Testez la technique : accès aux dossiers en partage d’écran, droits de consultation, disponibilité des personnes nommées au plan d’audit.
  • Si l’audit se tient à partir du 1er novembre 2026, reprenez les indicateurs réécrits par le décret n° 2026-728 avant de rassembler vos preuves.

Ce que l’on risque

L’audit de surveillance peut donner lieu au constat de non-conformités, avec les mêmes délais qu’à l’audit initial mais des effets différents, puisqu’un certificat est en jeu.

La suspension s’apprécie par catégorie d’actions quand l’écart ne concerne que l’une d’elles. Pour un organisme multi-sites, en revanche, une non-conformité majeure constatée sur un site suspend la certification de l’ensemble.

Sur le plan financier, l’exigence de certification s’apprécie à la date de la convention conclue avec le financeur ou de son accord de prise en charge (article R. 6316-8 du code du travail). Le ministère précise que les financements déjà engagés sont maintenus si l’organisme perd sa certification ; ce sont les engagements nouveaux qui sont en cause, d’autant que la liste des certificats valables est transmise chaque jour au ministère par les certificateurs.

  • Non-conformité mineure : plan d’action à transmettre dans le délai fixé par le certificateur, mise en œuvre sous six mois, vérification à l’audit suivant, c’est-à-dire au renouvellement.
  • Non-conformité majeure : trois mois pour rendre les actions correctives effectives. À défaut, la certification est suspendue.
  • Suspension : elle est levée à réception des preuves du retour en conformité. Sans correction dans les trois mois qui suivent sa notification, la certification est retirée.
  • Retrait : il faut repasser un audit initial, et attendre trois mois avant de déposer une nouvelle demande sur la catégorie d’actions concernée (article 8).
  • Fausse déclaration dans les éléments transmis ou pendant l’audit : elle peut entraîner le retrait de la certification, à l’issue d’une procédure contradictoire.

Indicateurs du référentiel concernés

Questions fréquentes

Quand a lieu l’audit de surveillance Qualiopi ?

Entre le 14e et le 22e mois suivant la date d’obtention de la certification, selon l’article 2 de l’arrêté du 6 juin 2019. La date se fixe avec l’organisme certificateur à l’intérieur de cette fenêtre.

Si l’organisme n’a pas pris les dispositions pour que l’audit se tienne pendant cette période, le certificat doit être suspendu.

Combien de temps dure un audit de surveillance Qualiopi ?

La durée de base est d’une demi-journée quand le chiffre d’affaires en formation est inférieur à 750 000 €, d’une journée au-delà. S’y ajoutent une demi-journée pour la catégorie apprentissage, une demi-journée par catégorie d’actions à partir de 750 000 €, une demi-journée par site échantillonné et une demi-journée pour l’organisme audité comme nouvel entrant à l’audit initial.

Un organisme sur un seul site, certifié pour les seules actions de formation et sous 750 000 €, passe donc une demi-journée.

L’audit de surveillance Qualiopi se fait-il à distance ?

Oui, par principe. Il est réalisé sur site dans quatre cas : un signalement, les résultats d’une analyse de risque issue de l’audit précédent, l’échantillonnage de sites d’un organisme multi-sites, ou la demande de l’organisme audité.

Quels indicateurs sont vérifiés lors de l’audit de surveillance Qualiopi ?

Au minimum : les indicateurs ayant fait l’objet d’une non-conformité à l’audit initial ; les indicateurs qui ne peuvent donner lieu qu’à une non-conformité majeure (4, 5, 6, 7, 10, 11, 14, 15, 16, 20, 21, 22, 26, 27, 29, 31 et 32) quand ils sont applicables ; les indicateurs 1, 17 et 19, et le 3 pour les organismes concernés.

Pour un organisme audité comme nouvel entrant à l’audit initial, l’ensemble des indicateurs applicables est revu. L’affichage du certificat est contrôlé dans tous les cas.

Que se passe-t-il si l’audit de surveillance n’est pas réalisé dans les délais ?

Selon les questions-réponses du ministère du Travail, si l’organisme n’a pas pris les dispositions nécessaires pour que l’audit ait lieu entre le 14e et le 22e mois, le certificat doit être suspendu. Sans mise en conformité, le manquement aux engagements du contrat de certification peut conduire à sa rupture, qui entraîne le retrait du certificat.

Peut-on perdre la certification Qualiopi à l’audit de surveillance ?

Oui, mais pas le jour même. Une non-conformité majeure ouvre un délai de trois mois pour rendre les actions correctives effectives ; à défaut, la certification est suspendue. Si rien n’est corrigé dans les trois mois qui suivent la notification de la suspension, elle est retirée.

Une non-conformité mineure laissée sans suite depuis l’audit initial est requalifiée en majeure et suit le même chemin.

Sources

Chaque affirmation de cette page renvoie à un texte officiel. Les liens ouvrent le site de l’éditeur concerné.

  1. Arrêté du 6 juin 2019 relatif aux modalités d’audit associées au référentiel national qualité — articles 2, 4, 5, 6, 8 et 9 (version en vigueur) — Légifrance
  2. Questions-réponses sur la certification qualité, version 2 du 1er septembre 2023 — parties 2, 5 et 7 — Ministère du Travail — DGEFP
  3. Code du travail, articles R. 6316-1 à R. 6316-9 — durée de trois ans, date d’appréciation de l’exigence de certification — Légifrance
  4. Qualiopi — Marque de certification qualité des prestataires de formation — Ministère du Travail
  5. Référentiel national qualité — Guide de lecture « Qualiopi » — Ministère du Travail
  6. Décret n° 2026-728 du 1er août 2026 relatif au référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences — Légifrance
  7. Arrêté du 1er février 2021 relatif aux listes des prestataires certifiés — Légifrance

Contenu d’information générale, à jour à la date indiquée ci-dessus. Il ne constitue pas un conseil juridique et ne garantit pas l’issue d’un audit de certification.

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